J'évoquais il y a quelques jours la lamentable histoire de l'élévation d'OOXML, le nouveau format bureautique de Microsoft, au rang de norme. Les efforts de Microsoft pour arriver à ses fins n'ont pas été vains, car quelques semaines plus tard les voici revenus dans la course pour fourguer leurs logiciels à l'état français et, par ricochet, à tous les citoyens.
Le Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI) est un projet de l'état français pour définir un référentiel commun aux différentes administrations en matière d'utilisation des NTIC. Le but est entre autre de choisir les normes que l'administration adoptera pour garantir l'interopérabilité entre ses services, et pour ses communications avec les citoyens. Lancés il y a un an, les travaux ne semblaient guère avancer. Mais Bertrand Lemaire nous apprend aujourd'hui que le RGI pourrait soudain devenir une priorité.
Attention, tout ce qui suit n'est que pure mauvaise fois et venin.
Jusqu'à ce funeste 1er avril 2008, la seule norme internationale pour les fichiers de bureautiques était Open Document, un format qui n'est pas pris en compte nativement par les logiciels de Microsoft. Le RGI ne pouvait donc faire référence qu'à cette norme, ce qui revenait à exclure de fait Microsoft de bon nombre d'appels d'offre publics. Inconcevable. Mais, depuis le 1er avril, OOXML, le format de Microsoft, est à son tour devenu une norme. Hop, il peut être intégré au RGI. Aussitôt, les travaux sur celui-ci sont débloqués.
On se souvient que si l'Afnor à décidé à la dernière minute de s'abstenir sur OOXML au lieu de voter non, c'est en partie à cause du revirement de dernière minute de 2 organismes dépendant du gouvernement, dont la DGME, filiale du ministère du budget et justement en charge de du RGI.
Je vous laisse gamberger...