Je sors groggy de cette première journée de Paris Web. Je m'attendais à quelque chose de génial, mais c'est sans commune mesure. Il y a une énorme différence entre suivre les conférences à distance et y assister depuis le cœur d'un des amphis, entouré de centaines d'autres personnes de chair qui partagent la même passion. La première journée a sans doute quelque chose de magique, comme toute première fois, et demain sera un autre jour. Mais aujourd'hui, j'ai ressenti le slogan de Paris Web, « Share the love », réellement prendre corps, j'ai ressenti physiquement cet amour des ouvriers du Web pour leur métier et pour le Web, je l'ai pris en pleine face, avec un immense plaisir.

La journée fut riche en émotions, retrouvailles avec de vieilles connaissances, rencontre avec des gens qui, je n'en suis toujours pas revenu, me connaissent, et les conférences. Si la plupart de celles auxquelles j'ai assisté m'ont donné l'impression d'avoir plus appris en une journée que depuis des mois, j'ai vécu, involontairement, un grand moment d'émotion lorsque mes camarades de Mozilla ont fait pour la première fois une démo de B2G, le futur OS de Mozilla pour téléphone portable. Je n'en suis pas revenu. Le projet a été lancé à la fin juillet, et aujourd'hui, ils ont déjà un prototype utilisable, un OS sur un téléphone, qui affiche toute l'interface en HTML dans Gecko, et est capable, pour l'instant en tapant dans Android mais demain je l'espère en se basant sur des API de plus bas niveau, de connaitre le niveau de la batterie, d'envoyer et de recevoir des SMS, et de passer des appels téléphoniques. Deux mois et demi après le début du projet. Volkmar et Vingteun (et leurs camarades qu'ils n'ont pas cités) sont définitivement des héros, ils méritent une statue.

Mais je m'égare, cette démo a été le coup de grâce qui m'a achevé. Je n'avais pas besoin d'elle pour que la journée soit magique. En sortant de l'apéro, et ce n'était pas qu'à cause de l'alcool, je n'avais qu'une idée en tête, une préoccupation: comment partager notre passion au delà de notre microcosme. Si le public de Paris Web semble beaucoup plus diversifié que dans d'autres évènements pour geeks, on reste entre ouvrier du Web. Des tas de gens de sont pas ouvriers du Web, et ne savent pas combien c'est un média merveilleux. En marchant dans la rue, j'avais envie de dire à tous les passants que je croisais que le Web était beau et bon. Mais je crois que j'avais dépassé le niveau raisonnable d'alcoolémie, et je me suis heureusement retenu. Reste, plus sérieusement, cette question, que j'ai déjà évoquée à propos de Drumbeat: comment partager l'amour pour cet objet parfaitement aimable, le Web, au delà du cercle des initiés ? Comment ?

Je vais me coucher, le réveil sonne dans 4 heures. Je vais garder mon badge autour du cou pour faire de beaux rêves. Je compte sur vous pour trouver une réponse pendant mon sommeil.