La fourrière, vraiment ?
Par Clochix le vendredi 6 août 2010, 21:42 - Humeur - Lien permanent
Aller et venir est un droit fondamental. Un de mes préférés. J'aime profiter de cette liberté pour me déplacer à ma guise. Parfois à pieds. Parfois en transports en commun. Parfois avec mon propre véhicule.
Un
droit n'est autre chose qu'une déclaration de principe que si je dispose des
moyens de l'exercer. Dans le cadre du droit d'aller et de venir, ces moyens ce
sont par exemple l'existence de voies de circulation, de transports en commun
et d'emplacements où garer mon véhicule. Ce dernier point n'est pas
anecdotique. Il demande de trouver un équilibre parfois difficile entre
l'existence de places de stationnement, nécessaires à l'exercice de la liberté
de circulation, et les désagréments que ces zones peuvent créer.
Parfois, je ne trouve pas d'endroit où me garer, et je dois "improviser", c'est à dire sombrer dans l'illégalité en stationnant à un emplacement qui n'est pas prévu pour. J'essaie de le faire en minimisant la gène, mais elle existe toujours, et le risque de sanction : prune ou enlèvement du véhicule. Une sanction injuste s'il n'existait pas pour moi d'autre solution raisonnable. J'ai violé la loi par nécessité. Tout est ensuite question d'intelligence : il est stupide de se garer n'importe où lorsqu'un parking existe à proximité. Il n'est pas légitime de se garer en travers du trottoir, sur un passage piéton ou devant une porte. Mais légitime de stationner hors des emplacements balisés s'il n'existe pas d'alternative raisonnable et que ça ne cause pas un tord disproportionné à autrui. Que celle ou celui qui ne l'a jamais fait me jette le premier anathème, que celle ou celui qui n'a pas trouvé injuste d'être sanctionné pour avoir stationné à un endroit illégal lorsqu'il n'y avait pas d'alternative me cloue au premier pilori.
Je crois que nous sommes nombreux à agir ainsi, et à trouver injuste d'être sanctionnés pour cela. Parmi nous, certains vivent dans leur véhicule. Par choix ou nécessité ils vivent une existence nomade, une vie de voyages, rendue possible par ce droit fondamental des humains, aller et venir. Ils sont peu nombreux et on les connaît mal, car ils ne font que passer fugitivement dans nos vies. On les connaît mal et on en a donc peur. Mais ce sont juste d'autres humains qui circulent comme nous, et qui comme nous ont parfois besoin de s'arrêter, de stationner leur véhicule-maison. Le droit d'aller et de venir implique qu'ils aient des endroits pour cela. Des places pour se garer. Si ces endroits n'existent pas, leur droit d'aller et de venir n'est pas respecté. Et si un droit est refusé arbitrairement à l'un de nous, il peut l'être à chacun, il peut l'être à tous. Les nomades ont le droit comme tout le monde d'avoir des endroits où garer leurs caravanes. Et si ces endroits n'existent pas, il est légitime qu'ils se garent à des endroits non prévu pour, comme nous le faisons de nos propres véhicules. Il est légitime qu'il violent une loi sur le stationnement au nom d'une loi de portée plus élevée leur assurant le droit d'aller et de venir. Oui, il existe des campements illégaux. Mais rarement illégitimes. Et le meilleur moyen de lutter contre ces campements illégaux, c'est de créer des emplacement légaux, des emplacement où le droit serait réellement respecté, c'est à dire pas entre les voies de chemin de fer et les autoroutes, pas en rase campagne sur les terrains d'épandage d'une station d'épuration. La meilleure façon de lutter contre l'illégalité est de rentre la légalité possible. Pas de droits sans devoirs mais pas de devoirs sans droits. Pour moi, la meilleure façon de lutter contre le stationnement chaotique est de créer des places de stationnement, pas de supprimer les véhicules. Mais manifestement 80% de mes concitoyens préfèrent la fourrière. La fourrière, vraiment ?
Quatre sur cinq. Si l'on en croit un sondage quatre personnes sur cinq approuvent des discours fascisants. Fascisant est utilisé sans outrance, certains discours actuels reprennent fidèlement des idées qui ont caractérisées plusieurs des fascismes européens de la première moitié du XX° siècle. Je ne dis pas que ceux qui profèrent ces discours sont des fascistes, non plus que ceux qui les applaudissent. Je dis que les uns tiennent des propos fascistes, et que les autres approuvent ces idées. Tout comme d'autres populations, ni plus bêtes, ni moins éduquées, ni plus méchantes ou monstrueuses que nous, ont approuvé ces idées dans les années vingt et trente. Je n'accorde guère d'importance aux sondages, mais on ne peut les nier totalement, et celui-ci ne peut ni ne doit être ignoré. L'idée que sur cinq personnes que je croise dans la rue, ou bistro ou au bureau, quatre approuvent des discours fascisants, m'est insupportable. J'ai cru percevoir dans ma timeline que je n'étais pas tout à fait seul. J'espère que la réponse ne restera pas cantonnée à la twittoblogosphère. Le Web n'est beau que libre, mais dans un monde lui aussi libre.
Source de l'illustration: http://commons.wikimedia.org/wiki/F... - image originale publiée sous GNU/FDL, comme donc cette version légèrement modifiée.
Commentaires
\(^_^)/
Merci pour l'article, je suis totalement d'accord avec toi.
Par contre, pour les "80%", c'est juste que le sondage <a href="http://owni.fr/2010/08/06/annonces-...">était vraiment orienté</a>.
Je trouve la comparaison entre ton usage de l'automobile et la situation des nomades déplacée.
L'automobile a fait 30 millions de morts au 20° siècle, et tue toujours 6 fois plus que toutes les guerres. C'est sans compter les problèmes de santé engendrés par la pollution, sans compter les ouvrirers mots pour construire les routes, sans compter les guerres pour le controle du pétrole. Sans compter les terrains dédiés au agro-carburants, et la malnutrition que ça engendre.
Et moi qui aimerait bien qu'on arrête de construire des parkings à voiture, pour créer d'autres usages de la ville par exemple, je me fais traiter de "fasciste" sur ce blog.
Quand je lis ce genre de choses, je pense de plus en plus que l'automobile est avant tout une idéologie totalitaire.
@arno : je suis vraiment désolé que tu aies compris mon billet ainsi. Pour préciser les choses, je suis cycliste et peste pratiquement tous les jours contre les nuisances de le voiture. Je pense que si nous discutions nous serions assez d'accord sur le sujet. J'ai volontairement essayé dans mon billet de rester flou sur la nature de mon véhicule dans l'espoir de toucher davantage de lecteurs. Je ne voulais pas être catalogué dès les premières lignes comme écolo-gaucho-machin. La comparaison que je tente ne me plaît pas totalement, car il y a effectivement une différence entre les usages purement utilitaires ou de loisirs que les sédentaires font de leur véhicule, et les caravanes qui sont bien plus, des foyers. Mais je souhaitais mettre en lumière ce qui nous unit plus que ce qui nous différencie, sédentaires et nomades. Et pour une fois je pensais faire un effort pour ne traiter personne de faf. Ceci dit, je pense qu'il y a quant même une différence entre les équipements pour les automobiles, surabondants et qu'on pourrait réduire sans causer de grands préjudices, et les aires de stationnement autorisé pour les nomades, réellement trop peu nombreuses. On peut militer pour la réduction des premiers sans fatalement s'opposer aux secondes. Bref, je n'avais nulle intention de te traiter de faf si ton combat est pour la ré-appropriation de l'espace excessivement dévolu aux bagnoles.
Effectivement, en relisant bien ton texte, je m'apperçois que tu ne fais pas mention explicite du type de ton véhicule
J'ai bien compris le fond de ton billet, mais j'ai réagi sur la forme car je me méfie de la banalisation de la délinquance!
Bonjour. Billet intéressant, et que j'ai trouvé très mesuré lors de ma première lecture.
Arno : Les morts ne sont pas causés par les voitures, mais par leur propriétaires ! Toyota ou Peugeot n'y sont pour rien si des inconscients conduisent crevés et/ou bourrés, le portable dans une main et une clope dans l'autre. Bref, la mortalité sur les routes n'a rien à voir avec le débat de l'utilisation de l'espace et sur la question du "pour ou contre l'augmentation des places de stationnement".
Dans le même ordre d'idée, je ne comprend pas du tout ta dernière phrase : "Je me méfie de la banalisation de la délinquance" !? Qu'entend tu par la ? Est ce que tu est en train de traiter de "délinquant" une personne qui se voit effectivement contrainte de garer sur un emplacement non formalisé pour une raison donnée ? (Je parle de vraies contraintes hein... pas d'un drogué qui stoppe sa voiture ou son scooter devant le tabac pour aller se payer sa dose). Le terme de "délinquant" me semble un peu fort...
Pour en revenir au sujet, ce qui me choque le plus c'est l'absence de parkings (ou alors leur taille bien trop réduite) près des gares. Si je veux aller en train à Paris (ce qui heureusement n'arrive pas trop souvent), je suis obligé de partir très, très tôt de chez moi, sinon le parking minuscule qui est à coté de la gare la plus proche est déjà totalement rempli et je suis obligé de me me garer à 300 ou 400m de la gare. (Et encore, je me gare le long d'une rue ou aucune place n'est banalisée, mais ou tout le monde se gare). Bref, il y a un vrai problème quand même...
Quand aux problèmes des "gens du voyage", je suis effectivement persuadé que toutes les communes font toutes ce qu'elles peuvent pour les envoyer paitre ailleurs. Après la volonté de ne pas les voir s'installer près des endroits habités peut se comprendre aussi... Un grand nombre de caravanes est venu s'installer dans un champs tout près de chez nous (installation "en force", notre maire ayant refusé de les accueillir). Personnellement j'ai trouvé leur installation totalement légitime. Retrouver ensuite les portes des caves barbouillés de crottes de chien, les jeux de plein air détruits, les grillages systématiquement défoncés... beaucoup moins...
Le manque de respect est donc devenu globalement réciproque et il ne va pas être simple de changer cela. Mais bon, j'ai l'impression d'avoir un peu dévié du sujet initial :o)
personnellement, je suis contre les moyens utilisé mais pas contre le diagnostique.
En effet, la population rom créé plusieurs nuisances. Maintenant, ce n'est pas le cas de tous mais d'une partie de leur communauté...
tout d'abord a une époque un campement s'etait installé sur le parking d'une base nautique pres de chez moi. certains allaient se doucher a poil. super quand tu va passer un week end en famille sur place et que ton enfant se retrouve nez a nez avec un mec a poil...
un campement s'est installé sur le parking de la boite d'un ami. Ils ont cassé le vérou du portail et se son branché sur le compteur de la boite et sur les bouches d'incendie. Personnellement, ca me choque. Et tout les campements que je croisent se branchent systematiquement sur les poteaux electrique et sur les bouches d'incendies. Ca me coute un bras le chauffage en hivers et pour eux c'est gratuit... C'est psa normal!
Donc oui, il faut des aires adaptées et dédiées a ces populations... ou alors mettre en place un impots par personnes/par caravanes et en échanges les autorisé a se brancher sur les poteaux elctriques et ls bouches d'incendies.
Dernier points, mes beaux parents se sont fait cambriollé. Il y avait une collection de packet de clop de plein de pays et seul ceux de roumanies ont été volés. Les flics nous ont dit que c'etait le camps de rome qui avait déménagé la veille et que l'on était pas les seul mais qu'ils ne pouvaient rien faire car ils ne savaient pas ou on il etaient aller...
bref, c'est des voleurs de poules et il ne faut pas généralisé les forains et les criques sont tres bien intégrés par exemples mais je trouve que beaucoup de camps posent prolèmes. Berlusconie et sarkosi ont une methode plus que contestable et je penses que d'autres solutions sont envisageable pour régler les nuisances mais il faut se rendre a l'evidence...
C'est facile de les defendre quand on a pas un camp a coté de chez soi ou que l'on a pas subit des problèmes.
maintenant, je pense qu'il faudrait régler le problème par plus de dialogue et la mise en place d'aire dédiée.