L'autorisation de la pilule contraceptive est entre autre le fruit du travail d'une association, le Mouvement Français pour le Planning Familial. Cette association se bat depuis 40 ans pour le droit de toutes et tous à une sexualité épanouie, en informant sur la sexualité et plus particulièrement sur la contraception et l'avortement. Il lutte aussi pour l'ensemble des droits des femmes et contre toutes les formes de violences à leur égard, brutalités, viols, mutilations, etc.

Aujourd'hui, le Planning Familial est menacé. L'Etat ne cesse de rogner ses subventions : en 2009, il est prévu qu'elles diminuent de 42%, en 2010 les subsides seraient tout simplement coupés ! A terme, bon nombre d'antennes du Planning risquent de fermer. Ca serait dramatique pour les milliers de filles qui chaque année passent la porte pour venir chercher de l'aide, du soutien, des informations. Il est urgent de se bouger avant qu'il ne soit trop tard. Par exemple en commençant par signer et diffuser la pétition de soutien mise en ligne sur leur site, mais aussi en s'informant, en faisant tourner l'info, etc...

Il faut arrêter de croire que la contraception et le droit à disposer librement de son corps sont des acquis sur lesquels on ne pourra plus revenir. Dans d'autres domaines on voit comment par manque de vigilance ou de combativité on peut facilement perdre ce que les luttes d'hier avaient permis de gagner, je vous épargne la liste des défaites des dernières années. Les mouvements anti-choix sont en train de se réorganiser, adoptent une stratégie plus subtile que les commandos anti-IVG des dernières années (cf cet article de Bakchich), et qui risque d'être encore plus dangereuse.

Si la loi autorise toujours la contraception et l'IVG, en pratique leur accès est de plus en plus compliqué. Les services de santé et les associations comme le Planning ne cessent de voir leurs moyens réduits; les gynécologues de la génération qui a connu l'époque des faiseuses d'ange et milité pour le droit au choix partent peu à peu à la retraite et la nouvelle génération est moins consciente des enjeux; la gynécologie médicale est gravement menacée[1], etc. Bref, pour celles et ceux dont la sexualité ne se résume pas aux jpegs boyz & girlz, il serait peut-être temps de se réveiller...

Dernier exemple de l'offensive en cours, en Ile de France, une association anti-choix a introduit un recours en annulation[2] contre une subvention du conseil régional à une campagne d'information sur la sexualité, la contraception et l'avortement...

Notes

[1] il existe deux spécialisations en gynécologie: les gynécologue de ville et les obstréticiens. Depuis une vingtaine d'années, l'Etat essaie de supprimer la formation des premiers, pour qu'il ne reste que des obstréticiens. Une forte mobilisation au début des années 2000, avec une pétition qui a recueillit des millions de signatures, a permis de sauver temporairement la gynécologie médicale, mais le nombre de praticiens diminue dangereusement. Le Comité de défense de la gynécologie médicale, dont je vous incite à consulter le site, prévoit qu'il n'en reste que 1000 l'an prochain et moins de 200 dans 10 ans !

[2] le site genetique.org d'où j'extrais cette information a été créé par la fondation Lejeune, "proche" des mouvements anti-choix;