Programme pour jeudi
Par Clochix le mercredi 28 janvier 2009, 23:04 - Humeur - Lien permanent
La grève générale inter-professionelle de jeudi s'annonce très suivie. Je m'en réjouis certes, mais je sens que je vais encore rester sur ma faim. Car je crains que ce ne soit qu'une grève essentiellement défensive, qui ne servira pas à grand chose d'autre qu'à montrer la profondeur du malaise, de la difficulté à supporter la société actuelle et certaines de ses orientations. Je crains que ce ne soit qu'une grève de témoignage, et non de lutte, d'où sortiraient de quelconques avancées sociales.
La grève est pourtant avant tout un outil de progrès. Au niveau des entreprises, elle sert à établir un rapport de force pour obtenir des améliorations des conditions de travail ou, quand le vent est mauvais, empêcher leur détérioration. Quant à la grève générale inter-professionelle, aux temps héroïques de sa théorisation, c'était un instrument de transformation sociale de la société. L'économie était alors essentiellement basée sur la production de biens matériels, dans l'agriculture et l'industrie. Arrêter de travailler stoppait la production, donc devait rapidement faire tomber le système, sur les ruines duquel une nouvelle société pouvait émerger. En ce temps là les utopies ne manquaient pas pour donner des pistes pour bâtir une alternative.
Aujourd'hui, la situation a changé. L'industrie et la production de biens ont reculé au profit des services, dont l'arrêt a moins d'impact à court terme. L'économie repose autant sur la spéculation et la finance que sur la production. On a donc peu a peu abandonné l'idée qu'un arrêt de travail, même massif, puisse changer en profondeur la société, même si les dernières grosses grèves inscrites dans la durée ont permis de gagner quelques miettes ou de sauver les meubles pendant quelques années. Quand aux utopies, elles ont été perverties ou assassinées.
Je suis en train de revoir L'An 01, "On arrête tout, on réfléchit, et
c'est pas triste
", disponible sur n'importe quel site de partage vidéo. Il
n'a je trouve pas pris une ride. Beaucoup d'entre nous ne travaillerons pas
demain, que l'on soit en grève, chômeurs ou qu'on ait posé sa journée pour
s'occuper des gosses, ne pas galérer dans les transports, etc. Pourquoi ne pas,
comme le suggérait le film, profiter de ces heures libérées pour discuter,
réfléchir, commencer à élaborer ensemble des alternatives, chercher les moyens
de les vivre dès aujourd'hui, et faire la fête, bien sûr, parce que c'est
pas triste
. Bref, au lieu de simplement mettre un pied derrière l'autre
dans les cortèges, faire un pas de côté, faire de cette journée de grève une
journée de rêve général...
Ah, et vendredi, qu'est-ce qu'on fait ? bin on continue, cette question ! Bon rêves !