282 jours, et combien de nuits ?
Par Clochix le jeudi 10 juillet 2008, 23:08 - Humeur - Lien permanent
Que celles et ceux dont le pire ennemi est l'ennui se réjouissent, le
parlement vient d'un coup de plume de supprimer ces horreurs qu'étaient les
samedi, les RTT et les jours fériés
. Joie dans les open-spaces !
Le projet de loi en cours de discussion en urgence (faut faire ça en été, histoire que personne ne le voit, mais en vitesse, parce que quand même, la plage attend ces messieurs les parlementaires) prévoit en effet que les salariés au "forfait jour" pourront désormais travailler jusqu'à 282 jours par an, contre 218 actuellement. 282, quel drôle de chiffre, comment l'ont-ils trouvé ? Pas compliqué, prenez une année d'à peu près 52 semaines de 7 jours, retirez 5 semaines de congés (encore) payés (jusqu'au prochain coup), retirez les dimanches restants (parce que quant même faut aller à la messe et regarder l'école des fans en famille[1]), secouez un petit coup, reste 0x11A jours [2]. Voilà. Désormais, on pourra bosser 6 jours par semaine, 47 semaines par an (tiens, l'europe vient opportunément de décider que la semaine de travail pourrait compter jusqu'à 60h, contre 48 actuellement en France).
Tout n'est bien sûr pas aussi rose. Le droit de trimer 282 jours par an reste pour l'instant un privilège. La durée "normale" des forfaits jours est elle fixée à 235 jours par an (soit 5 jours par semaine, 47 semaines par an, on se demande là encore où sont passés les jours fériés). Pour avoir droit au forfait de 282 jours, il faudra travailler dans une boîte où aura été signé un accord dérogatoire, entre le patron et un quelconque "représentant" d'au moins 30% des salariés. Heureusement, dans bon nombre d'entreprises les représentants du personnel sont de dociles courroies de transmission des désirs patronaux, et la signature de ce genre d'accords ne devrait pas poser trop de problèmes.
Enfin, tous les salariés n'ont pas (encore) droit au forfait jour. Mais,
dans un soucis de démocratisation, le périmètre s'élargit. Hier réservé aux
cadres, ce système pourra désormais concerner tous les salariés
autonomes
, c'est à dire libres de décider des heures auxquelles ils
passent à la machine chercher un café ou un sandwich. En voilà un grand progrès
social !
Vos Eminences, si je puis me permettre une petite suggestion... et si vous réduisiez votre temps de travail ? Drastiquement, genre à zéro... Ca vous éviterait peut-être de voter autant de ....
M'enfin, tout n'est pas perdu, l'adoption définitive de la loi n'est prévue que le 25 juillet, pour une application sans doute à la rentrée. D'ici là, il y a le défilé du 14 juillet. Peut-être que pour une fois, au lieu de s'écraser bêtement en rase campagne ou de tirer sur des civils, un des crétins volants aura la bonne idée de garer son mirage dans le Sénat... (simple rêve que je fais, c'est pas encore condamnable les rêves ? ah, la loi est programmée. Bon... vous savez s'il y a du wifi à Fleury ?)