Intel a annoncé au début du mois le lancement d'Eduwise, un ordinateur portable pour 400$, c'est- -dire pas beaucoup moins que les modèles d'entrée de gamme actuels. Il devrait être équipé de Windows XP. Le constructeur vient également d'annoncer la mise en chantier d'un PC de bureau moins de 180$ et réservé au marché indien. AMD commercialise de son coté depuis 2004 un "Personal Internet Communicator" (PIC) 185$ et réservé certains pays en voie de développement.

Microsoft a emboité le pas Intel avec FlexGo. Ici, aucune tentative pour faire baisser le prix de revient, mais juste une méthode alternative de financement de l'achat d'un PC: le programme proposera des ordinateurs classiques, vendus pour environ 50% de leur prix, mais dont l'usage sera payant. Pour utiliser la machine, il faudra s'acquitter d'un abonnement mensuel ou acheter des cartes pré-payées. Globalement, cette solution n'apporte pas grand chose, c'est juste une forme de crédit. Bref, Billou qui s'enrichissait déj grassement de la rente sur les licences de logiciels espère présent faire cotiser également les exclus de la fracture numérique.

Dans un cas comme dans l'autre, il s'agit bien sûr d'essayer de mettre un pied dans le marché de l'informatisation des pays émergents, et de contrer d'autres initiatives, que ce soient celles d'associations qui recyclent et redistribuent des PC équipés de logiciels libres, ou bien sûr, du programme d'un portable par enfant, le fameux PC 100$ du MIT. Celui-ci sera équipé d'une puce AMD et devrait selon toute vraissemblance utiliser un système GNU/Linux. Intel avait vivement critiqué le projet en décembre, le qualifiant de gadget, tandis que Microsoft, après avoir essayé en vain de faire équiper cet ordinateur de Windows CE, annonçait en janvier travailler sur des systèmes concurrents.

Microsoft est décidément prêt tout pour fourguer ses logiciels l'immense marché des pays pauvres. En 2004, ils lançaient déj Windows XPSE, une version bridée et bradée de leur OS, qui avait soulevée de nombreuses critiques. En 2003, Billou aidait plusieurs pays d'Afrique... en leur refilant des PC sous Windows !

Critiquer les visées de Microsoft, Intel et consort est nécessaire, mais pas vraiment suffisant. J'ai fouillé dans mes bookmarks pour trouver quelques liens vers des articles sur le sujet et des associations de solidarité internationale qui essaient de travailler la réduction de la fracture numérique.

  • quelques articles
  • et des associations (je n'en connais aucune, tout commentaire leur propos est donc bienvenu)
    • Atelier sans frontière récupère du matériel informatique en France, le revalorise dans des ateliers où travaillent des personnes en difficulté, et les envoie en Afrique.
    • ordinateur sans frontière récupère des ordinateurs, les équipe de GNU/Linux et les envoi dans des écoles de PVD.
    • Free PC fait la même chose destination des personnes défavorisées en Belgique.
    • jeunes espoirs 2000 récupère des ordinateurs pour les envoyer dans des pays du sud
    • Africa Computing association visant développer le tranfert de compétences avec l'Afrique en matière d'informatique et d'internet. Sur leur site, un article critique sur le projet du MIT, un autre sur l'intérêt des logiciels libres pour équiper les pays du sud.
    • NTBF, association franco-burkinabée pour la promotion des NTIC au Burkina Faso
    • l'association pour l'e-développement qui s'interese l'usage des TIC et au développement durable.
    • Colombus fait de la formation l'informatique et Internet au Vénézuela.
    • Technologie sans frontière travaille avec l'Afrique du Sud pour l'envoi de matériel et la formation.
    • Sud et TIC réalise des échanges nord/sud sur la question des TIC.
    • Co-ordinateur récupère du matériel ici et le redistribue des structures qui en ont besoin.
    • Globenet, si elle ne réalise directement que peu de choses destination du Sud, est impliquée sur ces problématiques depuis longtemps, et héberge de nombreuses structures travaillant sur le sujet.


**et justement, Emmaüs lance une filière de récuparation de téléphones portable en vue de les revendre dans les pays émergents (via Tristan).

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