Clochix

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samedi 25 avril 2009

Saloperie d'Hadopi

Saloperie parce que suite aux dernières outrances de la Sacem[1], j'ai été jeter un œil à la fameuse liste des 10.000 artistes qui soutiendraient Hadopi. Et j'ai eu la tristesse d'y découvrir quelques noms que j'appréciais et dont il faudra désormais que je boycotte les disques - je ne peux pas continuer à écouter comme si de rien était les soutiens d'une loi qui voudrait m'obliger à installer un mouchard propriétaire au cœur du seul îlot de liberté à des miles à la ronde, ma babasse.

J'ai passé l'âge d'écrire à mes chanteurs préférés, pourtant, pour l'occasion, j'aurais 2 mots à leur dire.

Je t'ai découvert, ado, grâce au piratage. Je n'avais évidemment à l'époque guère la thune pour acheter des disques, et l'essentiel de mon éducation musicale s'est faite à coup de cassettes qu'on s'échangeaient, qu'on repiquaient et qu'on écoutaient en boucle jusqu'à l'épuisement sur nos Walkmans. Plus tard, quand j'ai commencer à bosser, j'ai enfin pu acheter les disques originaux et re-découvrir tes morceaux avec un son un peu moins pourri. Pendant des années j'ai acheté tes disques, fait parfois pas mal de kilomètres pour assister à tes concerts...

Aujourd'hui, c'est avec une immense tristesse que j'ai découvert ton nom sur une pétition de soutien à la loi Hadopi. Cette loi est liberticide, en ce qu'elle voudrait m'obliger à installer un mouchard sur mon ordinateur pour prouver, si l'on m'accuse injustement, que je n'ai rien partagé avec d'autres internautes. Cette loi est criminelle, en ce qu'elle menace de bannir des gens du réseau, alors que c'est un des plus formidables lieu d'échange, de partage, de découverte, de coopération qu'on ait inventé. Cette loi est en contradiction avec les valeurs que j'avais cru trouver dans certains textes que tu chantes. Surtout, si cette loi avait existé il y a 25 ans, je ne t'aurais pas découvert, ni toi ni bon nombre d'autres poètes de ta famille de cœur. C'est par les copies "pirates" que j'ai pu entrer dans ton univers. C'est par les copies "pirates" qu'à mon tour j'ai partagé tes œuvres et les ai faites découvrir à bon nombre de gens. C'est grâce à ces échanges illicites aussi que j'ai rencontré d'autres fans devenus des amis.

Qu'aujourd'hui tu soutiennes un texte qui essaie de semer la zizanie entre les créateurs et leur public, pour le profit essentiellement de quelques gavés de l'industrie du divertissement, que tu aies signé cette pétition me chagrine. Notre relation vient de changer, notre complicité en a pris un coup. J'achetais tes disques pour te donner les moyens de continuer à te consacrer à ton art. Désormais, je me contenterai de te télécharger. Ce n'est ni une menace ni un chantage, juste la tristesse et la déception d'une rupture.

Notes

[1] à cours d'arguments, ils qualifient les méthodes de la Quadrature du Net de totalitaires ! Leur lobbying est assurément bien plus démocratique que les mobilisations massives contre la loi;

jeudi 26 février 2009

Le mur a la parole contre la loi qui veut nous emmurer...

Pour protester contre les mesures gravement liberticides qui vont probablement être votées dans les jours qui viennent, la Quadrature du Net appelle à une nouvelle opération net mort.

Je ne me fais guère d'illusions, que nous fermions nos sites pour protester, ou qu'au contraire nous multiplions les billets pour expliquer les dangers de ces mesures, cela n'empêchera pas les députés de les voter. Si ce pays était une démocratie ça se saurait. Mais bon, histoire de soutenir la Quadrature qui fait un boulot remarquable sur ce dossier, j'apporte ma modeste pierre à l'ouvrage avec un petit script de fermeture de site. Désolé, c'est torché à la va-vite, et ça nécessite jQuery. Pour celles et ceux qui me lisent via leurs flux ou sont arrivés directement sur cette page, c'est sur la page d'accueil que ça se passe: à chaque chargement de la page un mur vient la masquer. Un clic suffit à faire tomber le mur. Oui, c'est reloud, mais je doute que grand monde consulte cette page, donc ça ne devrait pas être bien gênant. Le script est en pièce jointe, faites-en ce que vous voulez.

samedi 14 février 2009

Sex is like software, it's better when it's free

Tu auras sans doute du mal à le croire, jeune lecteur, mais avant 1967 toute contraception était interdite en France. Les préservatifs étaient certes autorisés, mais au nom de la lutte contre les maladies vénériennes, et leur accès était nettement moins aisé qu'aujourd'hui. Chaque rapport vous faisait donc courir le risque de vous retrouver 9 mois plus tard avec un alien braillant dans les pâtes.

Les temps ont heureusement changé, mais rien n'est jamais gagné et on pourrait bien être en train d'assister à une grave régression, à travers par exemple les attaques contre le planning familial...

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mercredi 28 janvier 2009

Programme pour jeudi

La grève générale inter-professionelle de jeudi s'annonce très suivie. Je m'en réjouis certes, mais je sens que je vais encore rester sur ma faim. Car je crains que ce ne soit qu'une grève essentiellement défensive, qui ne servira pas à grand chose d'autre qu'à montrer la profondeur du malaise, de la difficulté à supporter la société actuelle et certaines de ses orientations. Je crains que ce ne soit qu'une grève de témoignage, et non de lutte, d'où sortiraient de quelconques avancées sociales.

La grève est pourtant avant tout un outil de progrès. Au niveau des entreprises, elle sert à établir un rapport de force pour obtenir des améliorations des conditions de travail ou, quand le vent est mauvais, empêcher leur détérioration. Quant à la grève générale inter-professionelle, aux temps héroïques de sa théorisation, c'était un instrument de transformation sociale de la société. L'économie était alors essentiellement basée sur la production de biens matériels, dans l'agriculture et l'industrie. Arrêter de travailler stoppait la production, donc devait rapidement faire tomber le système, sur les ruines duquel une nouvelle société pouvait émerger. En ce temps là les utopies ne manquaient pas pour donner des pistes pour bâtir une alternative.

Aujourd'hui, la situation a changé. L'industrie et la production de biens ont reculé au profit des services, dont l'arrêt a moins d'impact à court terme. L'économie repose autant sur la spéculation et la finance que sur la production. On a donc peu a peu abandonné l'idée qu'un arrêt de travail, même massif, puisse changer en profondeur la société, même si les dernières grosses grèves inscrites dans la durée ont permis de gagner quelques miettes ou de sauver les meubles pendant quelques années. Quand aux utopies, elles ont été perverties ou assassinées.

Je suis en train de revoir L'An 01, "On arrête tout, on réfléchit, et c'est pas triste", disponible sur n'importe quel site de partage vidéo. Il n'a je trouve pas pris une ride. Beaucoup d'entre nous ne travaillerons pas demain, que l'on soit en grève, chômeurs ou qu'on ait posé sa journée pour s'occuper des gosses, ne pas galérer dans les transports, etc. Pourquoi ne pas, comme le suggérait le film, profiter de ces heures libérées pour discuter, réfléchir, commencer à élaborer ensemble des alternatives, chercher les moyens de les vivre dès aujourd'hui, et faire la fête, bien sûr, parce que c'est pas triste. Bref, au lieu de simplement mettre un pied derrière l'autre dans les cortèges, faire un pas de côté, faire de cette journée de grève une journée de rêve général...

Ah, et vendredi, qu'est-ce qu'on fait ? bin on continue, cette question ! Bon rêves !

jeudi 2 octobre 2008

Quand la liberté devient torture

Jean-Marc Rouillan est quelqu'un pour lequel j'ai un profond respect. Il a eu le courage de mettre sa pratique en adéquation avec ses rêves de liberté et de justice sociale. Attention, je ne l'idéalise pas, les surhommes et les héros n'existent que dans les BD et la propagande, je sais que c'est un homme avec ses défauts. Mais je respecte son courage dans un monde où la lâcheté est ce qu'il y a de mieux partagée, et par moi le premier.

Après avoir participé à la défaite du franquisme, Jean-Marc et ses camarades ont hélas perdu une bataille en fRance. Ils l'ont payé très cher, d'un prix à la mesure du danger qu'ils avaient représenté pour ce système et ses puissants bénéficiaires. Aujourd'hui, Joëlle Aubron est morte, Georges Cipriani et Nathalie Ménigon gravement malades.

Étonnamment, 20 années d'acharnement dans les geôles de la République n'ont pas réussi à briser Rouillan. Malgré 20 ans dont chaque seconde était soumise à l'arbitraire total de l'administration pénitentiaire, malgré les années d'isolement, les vexations, les brimades, la répression implacable de chacune de ses parcelles de liberté, il n'a rien renié, il est resté fidèle à ses rêves. Toutes les tentatives pour l'anéantir ayant échoué, l'Etat en a inventé une autre: la semi-liberté.

Emprisonné, condamné à perpet, un homme n'a plus grand chose à perdre. Le système a finalement peu de prise sur lui. Il faut donc lui donner quelque chose pour essayer de retrouver une emprise sur lui. La semi-liberté a été, d'après ses propres dires une déstabilisation complète. Ce que j'avais réussi à créer en prison, ils s'attachent à le détruire.. Elle s'accompagnent en effet de conditions drastiques, notamment l'interdiction de s'exprimer sur l'expérience AD. Elle permet surtout à l'Etat d'essayer de contrôler un peu plus cet homme libre, qui n'a jamais renoncé, jamais rien renié, qui n'a pas trahi, pas abjuré son engagement à changer la société. L'Etat veut contrôler chacun de ses gestes, chacune de ses parole, mieux encore que lorsqu'il était en geôle, en brandissant la menace d'une révocation de la semi-liberté au moindre faux-pas. Ils ont réussi à transformer la Liberté en nouvelle forme de torture. Suprêmement abject.

Le parquet, en agissant ainsi, ne fait qu'apporter une preuve de plus de la justesse du combat mené par AD: un système capable de transformer la liberté en torture ne se réforme pas: il se détruit.

(bande sonore: Le mitard, de Trust)

mardi 12 août 2008

Travail, famille, patrie, elle est belle la devise olympique

J'avais le malheur jusqu'à ce matin d'écouter une radio d'information^Wpropagande générique en attendant d'avoir les yeux suffisamment ouverts pour m'installer devant l'écran. Ca m'aura au moins permis d'avoir un bon condensé d'esprit olympique.

Cette nuit, une sportive n'a pas gagnée, la honte ! Aussitôt des charognards se pressaient à son chevet pour expliquer. L'un mettait cela sur sa vie dissolue. Apparemment elle a une vie sexuelle. La s****** ! C'est pas bien, si on veut gagner une médaille, il faut avoir une vie de famille stable ! L'autre a trouvé le moyen de répéter en boucle de manière incantatoire "travail", si on veut réussir il faut travailler, sans travail on n'a rien, etc, etc. Si le gus travaillait réellement, il saurait que le travail, ce n'est pas un moyen d'avoir une bonne vie, juste un truc qui casse et fait mourir un peu plus vite. Et entre 2 crétins enfonçant l'idole d'hier, les speakers de la radio continuaient à donner des nouvelles des sportifs français. Ils ne parlaient pas de sport, de communion universelle, ou de ces autres machins vendus comme les valeurs du sport, non, ils ne parlaient que des résultats des athlètes nationaux.

Famille, travail, patrie, en 5 minutes tout l'esprit olympique était résumé.

Bon, vous connaissez un lecteur de feeds RSS avec synthèse vocale, pour écouter des infos intéressantes au réveil ?

mercredi 23 juillet 2008

Le temps perdu, de plus en plus.

Voilà, c'est la fin du suspens, on saura aujourd'hui de combien de jours par an pourra se réduire l'espérance de vie. Le Sénat a adopté hier la loi sur l'augmentation massive du temps de travail, et une commission mixte paritaire va en valider définitivement le texte aujourd'hui. On saura donc ce soir combien de semaines par an on va perdre, combien de matins de plus il faudra subir la violence de la sonnerie du réveil, trouver le courage de se lever pour aller perdre sa journée à gagner de quoi payer le loyer. A priori, il n'y a pas de raison pour que la CMP revienne sur les textes votés: le décompte du temps de travail en jours par an et non plus en heures par semaines pourra désormais concerner quiconque est censé disposer d'une relative autonomie dans l'organisation de son temps de travail; le nombre de jours de ces forfaits passe de 218 à 235, soit 17 jours perdus, voire, sur simple accord dérogatoire dans les entreprises, 282 jours. 64 jours de vie en moins par an. Actuellement on travaille une vingtaine de jours par mois, cela représente 3 mois de plus. Le parlement invente l'année de 15 mois travaillés.

Seule consolation, cela donnera 64 occasions de plus de se réciter les vers de Prévert:

LE TEMPS PERDU
Devant la porte de l'usine
le travailleur soudain s'arrête
le beau temps l'a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l'oeil
familièrement
Dis-donc camarade soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron?

jeudi 10 juillet 2008

282 jours, et combien de nuits ?

Que celles et ceux dont le pire ennemi est l'ennui se réjouissent, le parlement vient d'un coup de plume de supprimer ces horreurs qu'étaient les samedi, les RTT et les jours fériés :-) . Joie dans les open-spaces !

Le projet de loi en cours de discussion en urgence (faut faire ça en été, histoire que personne ne le voit, mais en vitesse, parce que quand même, la plage attend ces messieurs les parlementaires) prévoit en effet que les salariés au "forfait jour" pourront désormais travailler jusqu'à 282 jours par an, contre 218 actuellement. 282, quel drôle de chiffre, comment l'ont-ils trouvé ? Pas compliqué, prenez une année d'à peu près 52 semaines de 7 jours, retirez 5 semaines de congés (encore) payés (jusqu'au prochain coup), retirez les dimanches restants (parce que quant même faut aller à la messe et regarder l'école des fans en famille[1]), secouez un petit coup, reste 0x11A jours [2]. Voilà. Désormais, on pourra bosser 6 jours par semaine, 47 semaines par an (tiens, l'europe vient opportunément de décider que la semaine de travail pourrait compter jusqu'à 60h, contre 48 actuellement en France).

Tout n'est bien sûr pas aussi rose. Le droit de trimer 282 jours par an reste pour l'instant un privilège. La durée "normale" des forfaits jours est elle fixée à 235 jours par an (soit 5 jours par semaine, 47 semaines par an, on se demande là encore où sont passés les jours fériés). Pour avoir droit au forfait de 282 jours, il faudra travailler dans une boîte où aura été signé un accord dérogatoire, entre le patron et un quelconque "représentant" d'au moins 30% des salariés. Heureusement, dans bon nombre d'entreprises les représentants du personnel sont de dociles courroies de transmission des désirs patronaux, et la signature de ce genre d'accords ne devrait pas poser trop de problèmes.

Enfin, tous les salariés n'ont pas (encore) droit au forfait jour. Mais, dans un soucis de démocratisation, le périmètre s'élargit. Hier réservé aux cadres, ce système pourra désormais concerner tous les salariés autonomes, c'est à dire libres de décider des heures auxquelles ils passent à la machine chercher un café ou un sandwich. En voilà un grand progrès social !

Vos Eminences, si je puis me permettre une petite suggestion... et si vous réduisiez votre temps de travail ? Drastiquement, genre à zéro... Ca vous éviterait peut-être de voter autant de ....

M'enfin, tout n'est pas perdu, l'adoption définitive de la loi n'est prévue que le 25 juillet, pour une application sans doute à la rentrée. D'ici là, il y a le défilé du 14 juillet. Peut-être que pour une fois, au lieu de s'écraser bêtement en rase campagne ou de tirer sur des civils, un des crétins volants aura la bonne idée de garer son mirage dans le Sénat... (simple rêve que je fais, c'est pas encore condamnable les rêves ? ah, la loi est programmée. Bon... vous savez s'il y a du wifi à Fleury ?)

Notes

[1] ah pardon, on m'indique que la messe d'après déjeuner dominical est désormais servie par Michel Drucker

[2] oui, ce blog reste un truc de geek

vendredi 4 juillet 2008

Edvige, tu veux que j'te dige...

... je crois que tu vas beaucoup beaucoup beaucoup trop loin !

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jeudi 17 avril 2008

La normalisation d'OOXML commence déjà à porter ses fruits

J'évoquais il y a quelques jours la lamentable histoire de l'élévation d'OOXML, le nouveau format bureautique de Microsoft, au rang de norme. Les efforts de Microsoft pour arriver à ses fins n'ont pas été vains, car quelques semaines plus tard les voici revenus dans la course pour fourguer leurs logiciels à l'état français et, par ricochet, à tous les citoyens.

Le Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI) est un projet de l'état français pour définir un référentiel commun aux différentes administrations en matière d'utilisation des NTIC. Le but est entre autre de choisir les normes que l'administration adoptera pour garantir l'interopérabilité entre ses services, et pour ses communications avec les citoyens. Lancés il y a un an, les travaux ne semblaient guère avancer. Mais Bertrand Lemaire nous apprend aujourd'hui que le RGI pourrait soudain devenir une priorité.

Attention, tout ce qui suit n'est que pure mauvaise fois et venin.

Jusqu'à ce funeste 1er avril 2008, la seule norme internationale pour les fichiers de bureautiques était Open Document, un format qui n'est pas pris en compte nativement par les logiciels de Microsoft. Le RGI ne pouvait donc faire référence qu'à cette norme, ce qui revenait à exclure de fait Microsoft de bon nombre d'appels d'offre publics. Inconcevable. Mais, depuis le 1er avril, OOXML, le format de Microsoft, est à son tour devenu une norme. Hop, il peut être intégré au RGI. Aussitôt, les travaux sur celui-ci sont débloqués.

On se souvient que si l'Afnor à décidé à la dernière minute de s'abstenir sur OOXML au lieu de voter non, c'est en partie à cause du revirement de dernière minute de 2 organismes dépendant du gouvernement, dont la DGME, filiale du ministère du budget et justement en charge de du RGI.

Je vous laisse gamberger...

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