Clochix

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jeudi 2 octobre 2008

Quand la liberté devient torture

Jean-Marc Rouillan est quelqu'un pour lequel j'ai un profond respect. Il a eu le courage de mettre sa pratique en adéquation avec ses rêves de liberté et de justice sociale. Attention, je ne l'idéalise pas, les surhommes et les héros n'existent que dans les BD et la propagande, je sais que c'est un homme avec ses défauts. Mais je respecte son courage dans un monde où la lâcheté est ce qu'il y a de mieux partagée, et par moi le premier.

Après avoir participé à la défaite du franquisme, Jean-Marc et ses camarades ont hélas perdu une bataille en fRance. Ils l'ont payé très cher, d'un prix à la mesure du danger qu'ils avaient représenté pour ce système et ses puissants bénéficiaires. Aujourd'hui, Joëlle Aubron est morte, Georges Cipriani et Nathalie Ménigon gravement malades.

Étonnamment, 20 années d'acharnement dans les geôles de la République n'ont pas réussi à briser Rouillan. Malgré 20 ans dont chaque seconde était soumise à l'arbitraire total de l'administration pénitentiaire, malgré les années d'isolement, les vexations, les brimades, la répression implacable de chacune de ses parcelles de liberté, il n'a rien renié, il est resté fidèle à ses rêves. Toutes les tentatives pour l'anéantir ayant échoué, l'Etat en a inventé une autre: la semi-liberté.

Emprisonné, condamné à perpet, un homme n'a plus grand chose à perdre. Le système a finalement peu de prise sur lui. Il faut donc lui donner quelque chose pour essayer de retrouver une emprise sur lui. La semi-liberté a été, d'après ses propres dires une déstabilisation complète. Ce que j'avais réussi à créer en prison, ils s'attachent à le détruire.. Elle s'accompagnent en effet de conditions drastiques, notamment l'interdiction de s'exprimer sur l'expérience AD. Elle permet surtout à l'Etat d'essayer de contrôler un peu plus cet homme libre, qui n'a jamais renoncé, jamais rien renié, qui n'a pas trahi, pas abjuré son engagement à changer la société. L'Etat veut contrôler chacun de ses gestes, chacune de ses parole, mieux encore que lorsqu'il était en geôle, en brandissant la menace d'une révocation de la semi-liberté au moindre faux-pas. Ils ont réussi à transformer la Liberté en nouvelle forme de torture. Suprêmement abject.

Le parquet, en agissant ainsi, ne fait qu'apporter une preuve de plus de la justesse du combat mené par AD: un système capable de transformer la liberté en torture ne se réforme pas: il se détruit.

(bande sonore: Le mitard, de Trust)

mardi 12 août 2008

Travail, famille, patrie, elle est belle la devise olympique

J'avais le malheur jusqu'à ce matin d'écouter une radio d'information^Wpropagande générique en attendant d'avoir les yeux suffisamment ouverts pour m'installer devant l'écran. Ca m'aura au moins permis d'avoir un bon condensé d'esprit olympique.

Cette nuit, une sportive n'a pas gagnée, la honte ! Aussitôt des charognards se pressaient à son chevet pour expliquer. L'un mettait cela sur sa vie dissolue. Apparemment elle a une vie sexuelle. La s****** ! C'est pas bien, si on veut gagner une médaille, il faut avoir une vie de famille stable ! L'autre a trouvé le moyen de répéter en boucle de manière incantatoire "travail", si on veut réussir il faut travailler, sans travail on n'a rien, etc, etc. Si le gus travaillait réellement, il saurait que le travail, ce n'est pas un moyen d'avoir une bonne vie, juste un truc qui casse et fait mourir un peu plus vite. Et entre 2 crétins enfonçant l'idole d'hier, les speakers de la radio continuaient à donner des nouvelles des sportifs français. Ils ne parlaient pas de sport, de communion universelle, ou de ces autres machins vendus comme les valeurs du sport, non, ils ne parlaient que des résultats des athlètes nationaux.

Famille, travail, patrie, en 5 minutes tout l'esprit olympique était résumé.

Bon, vous connaissez un lecteur de feeds RSS avec synthèse vocale, pour écouter des infos intéressantes au réveil ?

mercredi 23 juillet 2008

Le temps perdu, de plus en plus.

Voilà, c'est la fin du suspens, on saura aujourd'hui de combien de jours par an pourra se réduire l'espérance de vie. Le Sénat a adopté hier la loi sur l'augmentation massive du temps de travail, et une commission mixte paritaire va en valider définitivement le texte aujourd'hui. On saura donc ce soir combien de semaines par an on va perdre, combien de matins de plus il faudra subir la violence de la sonnerie du réveil, trouver le courage de se lever pour aller perdre sa journée à gagner de quoi payer le loyer. A priori, il n'y a pas de raison pour que la CMP revienne sur les textes votés: le décompte du temps de travail en jours par an et non plus en heures par semaines pourra désormais concerner quiconque est censé disposer d'une relative autonomie dans l'organisation de son temps de travail; le nombre de jours de ces forfaits passe de 218 à 235, soit 17 jours perdus, voire, sur simple accord dérogatoire dans les entreprises, 282 jours. 64 jours de vie en moins par an. Actuellement on travaille une vingtaine de jours par mois, cela représente 3 mois de plus. Le parlement invente l'année de 15 mois travaillés.

Seule consolation, cela donnera 64 occasions de plus de se réciter les vers de Prévert:

LE TEMPS PERDU
Devant la porte de l'usine
le travailleur soudain s'arrête
le beau temps l'a tiré par la veste
et comme il se retourne
et regarde le soleil
tout rouge tout rond
souriant dans son ciel de plomb
il cligne de l'oeil
familièrement
Dis-donc camarade soleil
tu ne trouves pas
que c'est plutôt con
de donner une journée pareille
à un patron?

jeudi 10 juillet 2008

282 jours, et combien de nuits ?

Que celles et ceux dont le pire ennemi est l'ennui se réjouissent, le parlement vient d'un coup de plume de supprimer ces horreurs qu'étaient les samedi, les RTT et les jours fériés :-) . Joie dans les open-spaces !

Le projet de loi en cours de discussion en urgence (faut faire ça en été, histoire que personne ne le voit, mais en vitesse, parce que quand même, la plage attend ces messieurs les parlementaires) prévoit en effet que les salariés au "forfait jour" pourront désormais travailler jusqu'à 282 jours par an, contre 218 actuellement. 282, quel drôle de chiffre, comment l'ont-ils trouvé ? Pas compliqué, prenez une année d'à peu près 52 semaines de 7 jours, retirez 5 semaines de congés (encore) payés (jusqu'au prochain coup), retirez les dimanches restants (parce que quant même faut aller à la messe et regarder l'école des fans en famille[1]), secouez un petit coup, reste 0x11A jours [2]. Voilà. Désormais, on pourra bosser 6 jours par semaine, 47 semaines par an (tiens, l'europe vient opportunément de décider que la semaine de travail pourrait compter jusqu'à 60h, contre 48 actuellement en France).

Tout n'est bien sûr pas aussi rose. Le droit de trimer 282 jours par an reste pour l'instant un privilège. La durée "normale" des forfaits jours est elle fixée à 235 jours par an (soit 5 jours par semaine, 47 semaines par an, on se demande là encore où sont passés les jours fériés). Pour avoir droit au forfait de 282 jours, il faudra travailler dans une boîte où aura été signé un accord dérogatoire, entre le patron et un quelconque "représentant" d'au moins 30% des salariés. Heureusement, dans bon nombre d'entreprises les représentants du personnel sont de dociles courroies de transmission des désirs patronaux, et la signature de ce genre d'accords ne devrait pas poser trop de problèmes.

Enfin, tous les salariés n'ont pas (encore) droit au forfait jour. Mais, dans un soucis de démocratisation, le périmètre s'élargit. Hier réservé aux cadres, ce système pourra désormais concerner tous les salariés autonomes, c'est à dire libres de décider des heures auxquelles ils passent à la machine chercher un café ou un sandwich. En voilà un grand progrès social !

Vos Eminences, si je puis me permettre une petite suggestion... et si vous réduisiez votre temps de travail ? Drastiquement, genre à zéro... Ca vous éviterait peut-être de voter autant de ....

M'enfin, tout n'est pas perdu, l'adoption définitive de la loi n'est prévue que le 25 juillet, pour une application sans doute à la rentrée. D'ici là, il y a le défilé du 14 juillet. Peut-être que pour une fois, au lieu de s'écraser bêtement en rase campagne ou de tirer sur des civils, un des crétins volants aura la bonne idée de garer son mirage dans le Sénat... (simple rêve que je fais, c'est pas encore condamnable les rêves ? ah, la loi est programmée. Bon... vous savez s'il y a du wifi à Fleury ?)

Notes

[1] ah pardon, on m'indique que la messe d'après déjeuner dominical est désormais servie par Michel Drucker

[2] oui, ce blog reste un truc de geek

vendredi 4 juillet 2008

Edvige, tu veux que j'te dige...

... je crois que tu vas beaucoup beaucoup beaucoup trop loin !

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jeudi 17 avril 2008

La normalisation d'OOXML commence déjà à porter ses fruits

J'évoquais il y a quelques jours la lamentable histoire de l'élévation d'OOXML, le nouveau format bureautique de Microsoft, au rang de norme. Les efforts de Microsoft pour arriver à ses fins n'ont pas été vains, car quelques semaines plus tard les voici revenus dans la course pour fourguer leurs logiciels à l'état français et, par ricochet, à tous les citoyens.

Le Référentiel Général d'Interopérabilité (RGI) est un projet de l'état français pour définir un référentiel commun aux différentes administrations en matière d'utilisation des NTIC. Le but est entre autre de choisir les normes que l'administration adoptera pour garantir l'interopérabilité entre ses services, et pour ses communications avec les citoyens. Lancés il y a un an, les travaux ne semblaient guère avancer. Mais Bertrand Lemaire nous apprend aujourd'hui que le RGI pourrait soudain devenir une priorité.

Attention, tout ce qui suit n'est que pure mauvaise fois et venin.

Jusqu'à ce funeste 1er avril 2008, la seule norme internationale pour les fichiers de bureautiques était Open Document, un format qui n'est pas pris en compte nativement par les logiciels de Microsoft. Le RGI ne pouvait donc faire référence qu'à cette norme, ce qui revenait à exclure de fait Microsoft de bon nombre d'appels d'offre publics. Inconcevable. Mais, depuis le 1er avril, OOXML, le format de Microsoft, est à son tour devenu une norme. Hop, il peut être intégré au RGI. Aussitôt, les travaux sur celui-ci sont débloqués.

On se souvient que si l'Afnor à décidé à la dernière minute de s'abstenir sur OOXML au lieu de voter non, c'est en partie à cause du revirement de dernière minute de 2 organismes dépendant du gouvernement, dont la DGME, filiale du ministère du budget et justement en charge de du RGI.

Je vous laisse gamberger...

dimanche 13 avril 2008

Le monde selon Bill Gates, Denis Olivennes et leurs potes

Un documentaire plébiscité a récemment mis en lumière les méthodes des dirigeant d'une multinationale, Monsanto, pour imposer leurs produits, engrais, désherbants, semences, organismes modifiés génétiquement, etc, au mépris de toute considération pour la santé publique et l'intérêt collectif. J'attends avec impatience des documentaires sur d'autres gens aux méthodes aussi peu ragoûtantes, les patrons de Microsoft ou les industriels de l'audiovisuel...

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dimanche 25 mars 2007

Un espace de promotion des logiciels libres menacé d'expulsion

Dans un billet à venir (j'espère dans la journée), je parlerai (un peu) du rapport entre logiciel libre et solidarité. Et justement, un lieu (physique) où se met en place la solidarité autour des logiciels libres est menacé: l'Espace autogéré des Tanneries est un centre social autogéré situé à Dijon, où se développent de nombreuses activités, notamment autour des logiciels libres. La mairie dijonnaise semble à nouveau vouloir les expulser pour vendre le terrain à un groupe privé.

Je suis de loin depuis des années l'activité de pRiNT, un hacklab installé aux Tanneries, et je trouve leur démarche très intéressante: ils disposent d'un espace de connection gratuit à internet, organisent régulièrement des ateliers de découverte et d'initiations aux logiciels libres, des rencontres pour développeurs et développeuses... Je ne vais pas résumer tout ce qu'ils font, allez voir directement leur présentation. Bref, je trouve l'activité de pRiNT en particuliers et des Tanneries en général très intéressante et importante, et je ne peux que vous inciter à aller jeter un oeil sur leur site pour vous faire une idée et à les soutenir.

mercredi 27 décembre 2006

Semences, logiciels, libertés, aux armes, etc

J'ai entendu l'info ce ouikende, perdue dans la brume et le flot continu des actualités qui se déversaient du radio-réveil. L'association Kokopelli a été lourdement comdamnée par un tribunal (plus de 15.000€ d'amende). Son crime ? Kokopelli s'attache à la protection de la biodiversité, notamment en diffusant des semences anciennes, des plantes utilisées de tout temps mais qu'on ne trouve plus sur le marché classique. Problème, ces semences sont interdites, bien qu'utilisées depuis très longtemps elles n'ont pas d'autorisation de mise sur le marché. Et les semenciers classiques harcèlent Kokopelli de procès.

Dans le même genre, vous avez sans doute entendu parler du purin d'ortie. C'est un insecticide naturel, à base d'orties, et apparemment utilisé lui aussi depuis des générations dans les jardins. Un remède de bonne femme (du latin "fama", la réputation), qui n'a jamais été homologué... et est donc interdit. Sa commercialisation est interdite, mais aussi la diffusion de sa recette, et je vois régulièrement passer des histoires d'appartements perquisitionnés, de jardiniers mis en garde à vue, de sites web poursuivis, juste pour avoir diffusé cette recette.

Alors certes, ces lois sont là pour nous protéger, empêcher la mise sur le marché de n'importe quel substance dont les risques sur la santé n'auraient pas été évalués, éviter qu'on ne trouve sur le Net des recettes de chimie propres à faire sauter le gouvernement, au sens propre, etc, etc. Il n'empêche que poussées à leurs extrêmes, ces lois font peur.

Si j'en parle ici, c'est que mon cerveau paranoïaque n'a pu s'empêcher de faire le lien avec un sujet qui me touche de plus prêt: TCPA, l'informatique de confiance, etc. Le principe est le même: pour nous protéger, on met en place des systèmes interdisant aux logiciels non homologués de s'exécuter sur nos ordinateurs. Adieu les virus. Mais adieu aussi la grosse majorité des logiciels libres qui n'auront pas les moyens de se faire homologuer. Adieu les petits programmes que l'on code soi-même. Interdits, comme les semences de Kokopelli ou la recette du purin d'ortie. Tiens, soudainement cela parle au geek qui est en moi.

Que faire ? Hasard du calendrier, la FSF lance justement une campagne contre Vista, dont l'un des angles d'attaque est la dénonciation de cette prétendue informatique de confiance (lire aussi à ce propos Pouvez-vous faire confiance à votre ordinateur ?, de RMS, et la FAQ TCPA/Palladium. Elle date un peu mais présente bien les enjeux). Je crois que je sais ce que je vais prendre comme résolutions pour 2007...

vendredi 15 décembre 2006

Artiste ou industriel, choisis ton camp camarade !

Trodboulo oblige, je ne suis plus l'actu de la blogosphère et n'ai que vaguement entendu les échos d'une polémique qui l'agiterait à propos de la fameuse conférence de Le Meur sur le "Web 3". Vendredi soir approchant, je me suis permis de piquer un billet au hasard parmi les centaines qui m'attendent, et suis tombé sur un compte-rendu de cette conférence par le rédacteur français de TechCrunch. Ce billet contient une jolie perle, que je ne résiste au plaisir de partager ici.

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