Aller et venir est un droit fondamental. Un de mes préférés. J'aime profiter de cette liberté pour me déplacer à ma guise. Parfois à pieds. Parfois en transports en commun. Parfois avec mon propre véhicule.
Un
droit n'est autre chose qu'une déclaration de principe que si je dispose des
moyens de l'exercer. Dans le cadre du droit d'aller et de venir, ces moyens ce
sont par exemple l'existence de voies de circulation, de transports en commun
et d'emplacements où garer mon véhicule. Ce dernier point n'est pas
anecdotique. Il demande de trouver un équilibre parfois difficile entre
l'existence de places de stationnement, nécessaires à l'exercice de la liberté
de circulation, et les désagréments que ces zones peuvent créer.
Parfois, je ne trouve pas d'endroit où me garer, et je dois "improviser", c'est à dire sombrer dans l'illégalité en stationnant à un emplacement qui n'est pas prévu pour. J'essaie de le faire en minimisant la gène, mais elle existe toujours, et le risque de sanction : prune ou enlèvement du véhicule. Une sanction injuste s'il n'existait pas pour moi d'autre solution raisonnable. J'ai violé la loi par nécessité. Tout est ensuite question d'intelligence : il est stupide de se garer n'importe où lorsqu'un parking existe à proximité. Il n'est pas légitime de se garer en travers du trottoir, sur un passage piéton ou devant une porte. Mais légitime de stationner hors des emplacements balisés s'il n'existe pas d'alternative raisonnable et que ça ne cause pas un tord disproportionné à autrui. Que celle ou celui qui ne l'a jamais fait me jette le premier anathème, que celle ou celui qui n'a pas trouvé injuste d'être sanctionné pour avoir stationné à un endroit illégal lorsqu'il n'y avait pas d'alternative me cloue au premier pilori.
Je crois que nous sommes nombreux à agir ainsi, et à trouver injuste d'être sanctionnés pour cela. Parmi nous, certains vivent dans leur véhicule. Par choix ou nécessité ils vivent une existence nomade, une vie de voyages, rendue possible par ce droit fondamental des humains, aller et venir. Ils sont peu nombreux et on les connaît mal, car ils ne font que passer fugitivement dans nos vies. On les connaît mal et on en a donc peur. Mais ce sont juste d'autres humains qui circulent comme nous, et qui comme nous ont parfois besoin de s'arrêter, de stationner leur véhicule-maison. Le droit d'aller et de venir implique qu'ils aient des endroits pour cela. Des places pour se garer. Si ces endroits n'existent pas, leur droit d'aller et de venir n'est pas respecté. Et si un droit est refusé arbitrairement à l'un de nous, il peut l'être à chacun, il peut l'être à tous. Les nomades ont le droit comme tout le monde d'avoir des endroits où garer leurs caravanes. Et si ces endroits n'existent pas, il est légitime qu'ils se garent à des endroits non prévu pour, comme nous le faisons de nos propres véhicules. Il est légitime qu'il violent une loi sur le stationnement au nom d'une loi de portée plus élevée leur assurant le droit d'aller et de venir. Oui, il existe des campements illégaux. Mais rarement illégitimes. Et le meilleur moyen de lutter contre ces campements illégaux, c'est de créer des emplacement légaux, des emplacement où le droit serait réellement respecté, c'est à dire pas entre les voies de chemin de fer et les autoroutes, pas en rase campagne sur les terrains d'épandage d'une station d'épuration. La meilleure façon de lutter contre l'illégalité est de rentre la légalité possible. Pas de droits sans devoirs mais pas de devoirs sans droits. Pour moi, la meilleure façon de lutter contre le stationnement chaotique est de créer des places de stationnement, pas de supprimer les véhicules. Mais manifestement 80% de mes concitoyens préfèrent la fourrière. La fourrière, vraiment ?
Quatre sur cinq. Si l'on en croit un sondage quatre personnes sur cinq approuvent des discours fascisants. Fascisant est utilisé sans outrance, certains discours actuels reprennent fidèlement des idées qui ont caractérisées plusieurs des fascismes européens de la première moitié du XX° siècle. Je ne dis pas que ceux qui profèrent ces discours sont des fascistes, non plus que ceux qui les applaudissent. Je dis que les uns tiennent des propos fascistes, et que les autres approuvent ces idées. Tout comme d'autres populations, ni plus bêtes, ni moins éduquées, ni plus méchantes ou monstrueuses que nous, ont approuvé ces idées dans les années vingt et trente. Je n'accorde guère d'importance aux sondages, mais on ne peut les nier totalement, et celui-ci ne peut ni ne doit être ignoré. L'idée que sur cinq personnes que je croise dans la rue, ou bistro ou au bureau, quatre approuvent des discours fascisants, m'est insupportable. J'ai cru percevoir dans ma timeline que je n'étais pas tout à fait seul. J'espère que la réponse ne restera pas cantonnée à la twittoblogosphère. Le Web n'est beau que libre, mais dans un monde lui aussi libre.
Source de l'illustration: http://commons.wikimedia.org/wiki/F... - image originale publiée sous GNU/FDL, comme donc cette version légèrement modifiée.
A
comparer avec l'original : 
Malgré
